Le coton africain - Une matière demandée dans le monde entier

Environ huit pour cent du coton négocié sur le marché mondial est récolté en Afrique, dans les pays situés au sud du Sahara. En Afrique, le coton est cultivé presque uniquement par des petits agriculteurs, il existe peu de grandes plantations.

Le cotonnier aime la chaleur : pour bien pousser, fleurir et porter des fruits, il a besoin d'environ 200 jours de soleil dans une saison. C'est pourquoi il se plaît dans les savanes sèches et humides d'Afrique. Le climat, qui se caractérise par des températures moyennes élevées et l'alternance de saisons sèches et humides, est favorable à la culture de cette fibre naturelle.

Il faut compter environ six mois entre l'ensemencement et la récolte du coton. Après la récolte, les graines sont séparées des fibres de coton et la fine couche de cire qui recouvre les fibres et les protège de l'humidité est retirée; ces opérations se font dans une installation d'égrenage. Pour terminer, le coton brut est pressé en balles et vendu aux filatures qui fabriquent le fil. C'est le début de la textile chaîne, qui va de la filature au vêtement fini.

Zones de végétation en Afrique avec zones de culture CmiA

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Il faut compter environ six mois entre l'ensemencement et la récole du coton.

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Méthodes de culture

d-Afrikanische-BW AnbaumethodenTandis que le coton est cultivé en monoculture dans de grandes plantations dans de nombreuses régions du monde, les petits cultivateurs africains pratiquent presque exclusivement la culture par rotation. Le coton est alors cultivé en alternance avec d'autres plantes, par exemple des aliments de base tels que le maïs, le soja ou l'arachide. Cela évite le lessivage des sols et l'infestation parasitaire. Souvent, le coton n'est qu'une culture de rapport complémentaire et donc un produit agricole cultivé en plus des aliments qui assurent l'auto-suffisance (économie de subsistance). Il est destiné à la vente. Les méthodes de culture transmises par Cotton made in Africa soutiennent les petits cultivateurs également pour la culture vivrière dans le cadre d'une économie de subsistance et contribuent ainsi de manière importante à assurer l'alimentation.

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Irrigation

L'irrigation artificielle telle qu'elle est souvent pratiquée dans les grandes plantations est presque inexistante en Afrique. À la place, les petits cultivateurs pratiquent la culture pluviale. Cela signifie que les précipitations naturelles doivent suffire à l'irrigation. Dans les zones de culture africaines, l'alternance de périodes humides et sèches répond aux exigences du cotonnier. Dans certaines phases de croissance, une trop grande humidité lui est nuisible : dans la première phase de pousse et de croissance du coton, le sol doit être humide; dans la phase de maturation par contre, une trop grande humidité altère la qualité des fibres. L'eau de pluie doit être utilisée de manière efficace - en particulier dans les régions sèches d'Afrique. L'emploi équilibré d'engrais ou de mulch est également important. Pour cela, on couvre les espaces libres entre les cotonniers d'une matière organique telle que des feuilles mortes, afin de réduire la perte d'humidité par évaporation. 

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Méthodes de récolte

BaumwollernteL'homme contre la machine : tandis que la récolte du coton se fait avec d'énormes machines aux États-Unis, au Brésil et en Australie, elle est principalement effectuée manuellement dans les zones de culture africaines. Bien sûr, cela exige beaucoup plus de temps mais présente des avantages décisifs par rapport à la récolte mécanique : alors que la machine prélève en un seul passage non seulement les capsules de coton mais aussi tous les débris jonchant le sol, la cueillette manuelle est plus minutieuse et plus respectueuse de l'environnement. Les cueilleurs ne prélèvent que les fibres qui sont parvenues à maturité complète. En outre, le coton récolté à la main est plus propre car les machines prennent également de grandes quantités de terre, de feuilles, de branches, etc...Un autre avantage : contrairement à la récolte mécanique, aucun défoliant n'est utilisé lors de la récolte manuelle. La contamination du coton par des produits chimiques est donc plus restreinte. Cependant, le coton africain récolté à la main connaît aussi des problèmes de qualité. Les déchets plastiques, qui se sont malheureusement répandus jusque dans les villages retirés d'Afrique, peuvent provoquer une contamination. CmiA s'occupe de ce problème, en coopération avec les partenaires africains.

Emploi de pesticides

Il existe peu de plantes aussi attrayantes pour les ravageurs et agents pathogènes que le coton. L'utilisation massive de pesticides à l'échelle mondiale constitue un effet secondaire négatif de sa culture. Seul un petit nombre d'exploitants non conventionnels renonce totalement à l'emploi de pesticides et vend sa matière première sous l'étiquette bio. La part de coton bio sur le marché mondial est encore à l'heure actuelle très faible, ce qui s'explique entre autres par des coûts de production majorés.

Le coton génétiquement modifié

Les ravageurs du coton présentent une résistance croissante aux pesticides mis en œuvre. Certains secteurs de l'industrie cotonnière mondiale voient dans le coton génétiquement modifié, qui se protège contre une partie de ces ravageurs au moyen d'un poison par ingestion intégré dans la plante, une solution à ce problème. Dans les principaux pays de culture, à savoir les États-Unis, l'Inde et la Chine, plus de 90 pour cent du coton produit est aujourd'hui génétiquement modifié. De nombreux cultivateurs de coton africains considèrent eux aussi que le coton OGM représente une avancée technologique dont ils n'entendent pas être exclus. Jusqu'ici, le coton génétiquement modifié n'est toutefois cultivé que par certains petits exploitants d'Afrique subsaharienne en Afrique du Sud, au Soudan et au Burkina Faso. Cotton made in Africa a pris l'engagement de ne pas cultiver de coton génétiquement modifié dans le cadre de son initiative. L'emploi de semences génétiquement modifiées fait partie des critères  d'exclusion (exclusion criteria No. 14) entrant dans le cadre des normes Cotton made in Africa.

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Cotton made in Africa

Le coton de Cotton made in Africa est cultivé par de petits agriculteurs en Afrique subsaharienne dans le respect de critères de développement durable. Concrètement, cela signifie que ce coton est cultivé en sec et qu'il fait appel à une utilisation efficace et responsable de pesticides et de fertilisants. La récolte se fait à la main. Cotton made in Africa a défini les exigences posées à cette culture dans un catalogue de critères dont le respect fait l'objet de contrôles réguliers dans le cadre de la vérification.

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Fibres fines - Coton en provenance d'Afrique

Le coton provenant d'Afrique présente des fibres relativement longues et il est cueilli minutieusement à la main. Il s'agit donc d'une matière première de haute qualité. Ce n'est pas un hasard si le coton est apprécié pour la fabrication de t-shirts, de pantalons et de chemises : il est doux sur la peau, agréable à porter, respirant et absorbant.

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Le coton est une fibre naturelle obtenue à partir des filaments portés par les graines du cotonnier (« gossypium spp. ») et se compose principalement de cellulose. La fleur fécondée du cotonnier se transforme en capsule, qui grossit pour atteindre la taille d'une noix. Pendant cette période, les graines de coton contenues dans la capsule produisent des fibres : de véritables touffes de filaments longs (le « lint ») et une couche de filaments courts qui forment un duvet (appelé « linter »). Seules les fibres longues sont utilisées pour la production textile. Lorsque la capsule est parvenue à maturité, elle éclate et libère la « boule de coton ». Le coton est filé à partir des filaments portés par les graines, qui peuvent atteindre plus de 40 millimètres de longueur. En raison de leur résistance et de leur structure unique, ces filaments sont particulièrement aptes au filage : telles un tire-bouchon, les fibres sont vrillées sur elles-mêmes. C'est pourquoi elles ne cassent pas à la filature. Le duvet court (ou linter) ne peut pas être filé mais on l'utilise par exemple pour la fabrication de cellulose, une matière végétale.

La longueur des fibres

d-Afrikanische-BW FaserlaengeLa qualité du coton brut est jugée selon différents critères tels que la couleur, la pureté, la longueur des fibres, la finesse, la résistance et la régularité. Pour l'industrie textile, la longueur des fibres est déterminante : plus la fibre est longue, meilleure est sa qualité. La longueur de fibre coupée peut varier entre 18 et 42 millimètres. On distingue quatre longueurs de fibres coupées : les fibres courtes, les fibres moyennes, les fibres longues et les fibres extra-longues.

Le coton africain est d'une grande qualité

Pour pousser dans de bonnes conditions, le coton africain a besoin de beaucoup de soleil et d'une culture pluviale. Ce coton aux fibres moyennes présente des fibres relativement longues (1 1/8 pouce, soit env. 28,5 mm) et fournit des fils permettant de multiples applications, utilisés dans le monde entier pour la fabrication de textiles d'habillement et d'ameublement.

La bonne qualité du coton africain, qui est généralement cultivé par de petits agriculteurs, est garantie par la récolte manuelle. Le coton de Cotton made in Africa a le temps de mûrir, est récolté à temps manuellement puis transformé. La grande qualité du coton africain est améliorée dans le cadre de l'initiative Cotton made in Africa : lors de formations, les petits cultivateurs acquièrent entre autres la connaissance de méthodes de culture modernes et efficaces, ayant recours à un minimum de pesticides et les aidant à augmenter les récoltes et la qualité des fibres. Au Bénin, on essaie par exemple de réduire la contamination par les déchets plastiques (malheureusement de plus en plus fréquents dans les champs africains), en utilisant des sacs en coton pour la récolte. Dans certaines régions de culture de Cotton made in Africa, le coton est nettoyé encore une fois manuellement avant la prochaine étape de transformation, l'égrenage.

Biodiversité - Diversité menacée

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Les savanes africaines abritent une faune et une flore variées.
Cotton made in Africa s'engage pour la protection de la diversité biologique.
On entend par « biodiversité » ( de l'anglais « biodiversity », composé des mots « biology » et « diversity ») la diversité biologique à tous les niveaux d'organisation de la vie -- les espèces, la diversité génétique de la faune et de la flore et les écosystèmes globaux. Ces trois niveaux sont étroitement associés : pour survivre, les animaux et les plantes ont besoin d'écosystèmes intacts et d'une variabilité génétique suffisante. De même, un écosystème ne fonctionne que s'il abrite une grande diversité d'espèces. Des biotopes intacts sont la condition à la diversité génétique d'un écosystème.

 

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Culture durable du coton:

  • Culture par rotation
  • Utilisation réduite de pesticides
  • Culture pluviale

= Maintien de la biodiversité

Agriculture sur de grandes surfaces:

  • Souvent monocultures
  • Utilisation important de pesticides
  • Forte consommation d'eau

= Menace sur la biodiversité

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Problèmes liés à la monoculture et aux plantations

L'agriculture extensive, telle qu'elle est largement pratiquée dans la culture cotonnière, est fréquemment caractérisée par des monocultures, un emploi massif de pesticides et une consommation d'eau élevée qui représentent par là même une menace pour la biodiversité. Les cultivateurs n'ont ainsi plus le temps d'engraisser les sols par des nutriments (ce qui est le cas avec Cotton made in Africa, où l'on pratique la technique de l'assolement en utilisant par exemple des légumineuses, du soja ou de l'arachide). À terme, les sols sont lessivés, les rendements diminuent et les ravageurs se répandent dans les champs. Pour préserver leurs récoltes, les agriculteurs sont donc contraints de recourir toujours davantage aux pesticides et aux fertilisants, avec pour corollaire des terrains incultes et infertiles qui obligent à mettre de nouvelles parcelles en valeur. La nappe phréatique, fortement polluée, provoque des maladies chez l'homme et l'animal. Autre problème : la consommation d'eau élevée. L'emploi massif de systèmes d'irrigation artificielle entraîne souvent une forte érosion ainsi qu'une salinisation du sol. Le niveau de la nappe phréatique baisse, les rivières et les zones humides s'assèchent et hommes et animaux commencent à manquer d'eau potable.

Une approche s'impose

Les concepts de culture durable du coton tels qu'ils sont définis et convenus dans la matrice de critères de Cotton made in Africa s'opposent à ces effets : ils essaient d'harmoniser l'agriculture et la nature et de contribuer à long terme au maintien de la biodiversité. Diverses mesures de culture contribuent à protéger la diversité des espèces : la culture du coton par assolement est la principale méthode qui contribue à maintenir la qualité des terres. En outre, une utilisation efficace des pesticides et des engrais ainsi qu'une utilisation responsable de l'eau sont caractéristiques de la culture durable du coton. La culture du coton sur de grandes surfaces provoque de gros dégâts dans certaines régions du monde. Une réorientation est nécessaire, afin de réduire les effets négatifs sur l'homme et l'environnement et de maintenir la biodiversité en tant que réseau vital. La diversité n'est pas seulement une valeur en soi mais a également une signification économique, en particulier dans les pays en développement. Des concepts durables dans l'agriculture assurent le fondement de la vie des hommes.

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